Les jeunes et les étudiants, co-architectes de l’éducation : Déclaration de la CME à l’occasion de la Journée internationale de l’éducation 2026

Faites passer le mot

À l’occasion de la Journée internationale de l’éducation 2026 (24 janvier), la Campagne mondiale pour l’éducation (CME) se joint au reste du monde pour célébrer le pouvoir des jeunes dans la co-création de l’éducation.

La CME reconnaît les jeunes et les étudiants comme des co-architectes égaux et actifs de l’éducation et de l’avenir. Depuis son Assemblée mondiale en 2015, le mouvement CME travaille avec les jeunes et les étudiants pour mener à bien la transformation de l’éducation en rassemblant des données factuelles pour le plaidoyer et les actions, en explorant les innovations en matière de programmes scolaires et en garantissant la transparence et la responsabilité dans l’éducation et au-delà. Fidèle à son engagement en faveur d’un leadership significatif des jeunes, la CME a mis en place une structure de gouvernance dédiée aux jeunes qui place ces derniers au centre du processus décisionnel. Grâce au Groupe d’action des jeunes, de jeunes leaders du monde entier identifient et définissent leurs propres priorités en matière de plaidoyer, en s’appuyant sur les expériences vécues dans leurs communautés et leurs régions. Ces représentants de la jeunesse font remonter les préoccupations locales et régionales au niveau international et jouent un rôle actif dans l’orientation de la CME, notamment par leur représentation officielle au sein du conseil d’administration et des membres de la CME. Cette structure garantit que les voix des jeunes et des étudiants sont non seulement entendues, mais aussi intégrées dans le leadership, la responsabilité et la prise de décision.

Co-créer une éducation décoloniale

En Afrique, les jeunes sont à l’avant-garde d’une éducation transformatrice, défendant des approches inclusives qui ramènent dans le système éducatif les jeunes non scolarisés et marginalisés, en particulier ceux qui sont exclus en raison de conflits, de déplacements, de la pauvreté ou de normes culturelles restrictives. Grâce à l’utilisation d’outils technologiques éducatifs, les jeunes contribuent à élargir l’accès à l’éducation, en proposant des solutions d’apprentissage flexibles, adaptées au contexte et sensibles au genre, tout en menant des actions de plaidoyer politique qui impliquent les ministères de l’éducation et les décideurs. Ces efforts se sont concentrés sur la réduction des profondes fractures socio-économiques et numériques qui continuent de limiter l’accès équitable à une éducation de qualité. Ce travail mené par des jeunes a eu un impact significatif au Nigeria, au Ghana, en Namibie et en Sierra Leone, entre autres, démontrant ainsi le pouvoir de l’éducation en tant que catalyseur de la transformation sociale et de la décolonisation dans le contexte africain. Il est important de noter que ces approches offrent des modèles évolutifs et adaptables pour l’éducation dans les situations d’urgence, renforçant ainsi le rôle du leadership des jeunes dans la mise en place de systèmes éducatifs résilients, inclusifs et prêts pour l’avenir.

Co-créer des connaissances : le pouvoir de poser des questions

Dans la région Asie-Pacifique, des jeunes militants de 10 pays – des filles issues de communautés autochtones, des jeunes déscolarisés issus de communautés urbaines pauvres et des jeunes et étudiants ruraux, entre autres – ont recueilli des données et établi des liens avec leurs pairs grâce au programme de recherche-action menée par des jeunes (YAR) de l’ASPBAE. Allant audacieusement à la rencontre des jeunes marginalisés, les jeunes volontaires ont bravé les confinements pendant la pandémie de COVID-19 pour recueillir des témoignages sur la façon dont les jeunes faisaient face à leur vie et à leur éducation, puis ont présenté les recommandations des jeunes aux gouvernements locaux et aux ministères concernés. À ce jour, les jeunes marginalisés de la région Asie-Pacifique ont mené quatre YAR, dont l’une sur l’impact de la santé mentale sur l’éducation et une autre sur la lutte contre le racisme dans l’éducation.

Co-créer le leadership : la gouvernance dirigée par les jeunes dans la région arabe

Dans la région arabe, la coalition nationale palestinienne pour l’éducation a été la première à mettre en œuvre le modèle des collaborations pour l’apprentissage des jeunes, renforçant ainsi avec succès le leadership participatif et permettant un engagement significatif des jeunes et des communautés dans la gouvernance de l’éducation. Forte de ce succès, cette expérience a ensuite été étendue à toute la région arabe, ce qui a conduit à la création d’une plateforme régionale de collaboration entre les jeunes, fondée sur les principes de responsabilité sociale, de participation inclusive et de planification stratégique participative. Grâce à cette plateforme, les jeunes renforcent leur capacité collective à suivre les engagements et à co-créer des solutions qui répondent aux réalités locales et régionales.

Co-créer le financement : les jeunes réclament un financement pour l’éducation dans les situations d’urgence

Et, dans toute l’Amérique latine et les Caraïbes, les coalitions nationales pour l’éducation ont renforcé la participation inclusive, significative et responsabilisée des jeunes vivant dans des contextes de crise, dans les espaces de politique éducative et de plaidoyer. Ces progrès ont été rendus possibles grâce à la co-création d’initiatives avec les jeunes, qui ont soutenu des campagnes de plaidoyer menées par des jeunes sur la fourniture et le financement durable de l’éducation dans les situations d’urgence. Les perspectives des jeunes sur l’éducation dans les situations d’urgence ne sont plus marginales, elles sont de plus en plus prises en compte dans la mise en œuvre, le suivi et l’examen du programme de l’ODD 4 aux niveaux national et régional. Grâce à un plaidoyer fondé sur la recherche, à la mobilisation des médias sociaux et à des réunions virtuelles régionales et mondiales, les jeunes acquièrent des connaissances, partagent leurs expériences vécues et élaborent des stratégies collectives pour le changement.

Le parcours continu de la CME et son plaidoyer auprès des jeunes et des étudiants en faveur du droit à l’éducation pour tous démontrent comment les jeunes, tant les étudiants que les jeunes qui ont été exclus des systèmes éducatifs, ont œuvré en tant que producteurs de connaissances, initiateurs d’actions et leaders dans le domaine de l’éducation.

La CME se joint aux jeunes pour faire pression sur les gouvernements afin qu’ils institutionnalisent la participation des jeunes dans le pays aux niveaux local et national. La CME appelle également les organisations internationales/multilatérales à garantir une participation inclusive, durable et significative des jeunes et des étudiants à travers les principes et actions suivants :

Orientation vers l’action : une participation significative des jeunes doit se traduire par la mise en œuvre d’idées. Les jeunes doivent être impliqués non seulement dans la conception, mais aussi dans la mise en œuvre et la prise de décision en matière d’éducation.

Des buts et des objectifs clairs : l’engagement des jeunes est significatif lorsqu’il y a une compréhension claire des buts de l’engagement et des objectifs spécifiques de toute collaboration. L’information est essentielle à la compréhension. Les jeunes et les étudiants doivent avoir accès à l’avance aux notes d’information, aux documents techniques et au renforcement des capacités afin de leur permettre de préparer leurs positions et de s’accorder sur leurs engagements dans le cadre de toute collaboration.

Appropriation partagée : L’engagement significatif des jeunes se traduit lorsque ceux-ci sentent et constatent que leurs contributions sont valorisées et ont un impact tangible. Les gouvernements doivent aller au-delà de la simple collecte des opinions des jeunes ; les analyses et les recommandations des jeunes doivent être intégrées dans la planification et les budgets de l’éducation, la mise en œuvre et le suivi des programmes.

Rôles clairement définis des différentes parties prenantes : La collaboration est importante, et il est essentiel de définir les rôles de chacun et le calendrier. Les gouvernements devraient veiller à ce que les jeunes – notamment les jeunes marginalisés, les filles, les jeunes femmes, les jeunes issus de minorités ethniques et autochtones, les jeunes handicapés, qu’ils soient scolarisés ou non – soient habilités à participer et à diriger la mise en œuvre des plans du secteur de l’éducation et des programmes d’apprentissage.

Dialogues et échanges (inter)générationnels : un engagement significatif des jeunes passe par des collaborations éthiques avec leurs homologues adultes et avec d’autres jeunes. Les gouvernements devraient mettre en place des mécanismes de dialogue et d’action intergénérationnels visant à transformer les systèmes éducatifs dans l’intérêt de tous.

Les jeunes du monde entier, en particulier ceux de la génération Z, réclament une éducation publique gratuite, de qualité et pertinente pour tous, de l’enseignement primaire à l’enseignement supérieur. Ils appellent à une transformation des systèmes éducatifs qui élargira l’accès à l’éducation à travers différents parcours, de l’apprentissage formel à l’apprentissage non formel et informel. Ils déplorent le coût élevé de l’enseignement secondaire et supérieur. Avec la génération Z, la CME exhorte les gouvernements à mettre fin à la privatisation de l’éducation qui aggrave les inégalités et prive des millions de jeunes de leur droit à l’éducation. Afin de financer durablement l’éducation à tous les niveaux, les gouvernements devraient mettre en place des règles fiscales progressives et soutenir l’adoption de la Convention-cadre des Nations unies sur la coopération fiscale internationale afin de mettre en place un système fiscal mondial plus transparent, plus juste, plus équitable et plus responsable qui permettra aux pays de financer durablement une éducation publique de qualité et d’autres services.

La CME appelle les gouvernements à démanteler de toute urgence les obstacles systémiques et liés au genre qui entravent l’éducation. L’éducation doit donner la priorité aux apprenants historiquement marginalisés et défavorisés, notamment les filles, les personnes noires et autochtones, les personnes handicapées, les populations déplacées et les communautés rurales. Les gouvernements doivent veiller à ce que les fonds publics soient consciemment affectés à la lutte contre les inégalités, à la réalisation du droit à l’éducation et à la construction d’un avenir durable et démocratique.

À l’occasion de la Journée internationale de l’éducation 2026, la Campagne mondiale pour l’éducation se tient aux côtés des jeunes du monde entier et appelle les gouvernements et les partenaires de développement à rester fermes dans leurs engagements envers l’ODD 4 et à investir dans l’éducation et l’apprentissage tout au long de la vie pour tous. Grâce à l’éducation, nous pouvons garantir une paix durable, parvenir à la justice sociale et réaliser un développement durable. Au milieu des conflits et des crises qui secouent le monde, l’éducation est la meilleure défense. Elle donne aux jeunes, aux étudiants et aux populations les moyens de préserver le présent et l’avenir de l’humanité et de la planète.

Ressources
Déclaration du GCE à l'occasion de la Journée internationale de l'éducation 2026