Pas d’avenir sans éducation !

Depuis sa création il y a 25 ans, la Campagne mondiale pour l’éducation œuvre sur tous les fronts nationaux, régionaux et internationaux pour appeler les États à remplir leurs obligations en matière de droit à l’éducation.
De par sa nature habilitante, l’éducation est indispensable à la réalisation de tous les droits humains et constitue donc la base du développement et la première condition pour que les peuples apprennent à vivre ensemble dans la paix et l’égalité. Elle est essentielle pour s’attaquer aux causes profondes des conflits et des catastrophes, pour renforcer les démocraties, ainsi que la justice économique, environnementale et entre les sexes.
Depuis l’annonce du Sommet de l’avenir (SOTF), la Campagne mondiale pour l’éducation a reconnu l’importance de cette initiative et a appelé les États membres de l’ONU, en particulier les représentants de la Namibie et de l’Allemagne, facilitateurs de l’événement, à inclure des engagements substantiels en matière d’éducation et d’apprentissage tout au long de la vie, reconnaissant son potentiel transformateur pour les générations actuelles et futures.
Malheureusement, la portée et les approches proposées pour le SOTF n’ont pas correctement intégré le droit à l’éducation, malgré les appels constants de la société civile pour qu’il soit inclus dans le programme officiel, ainsi que dans ses documents finaux, le Pacte pour l’avenir, la Déclaration sur les générations futures et le Pacte numérique mondial.
En effet, certains de ces documents mentionnent l’éducation de manière restrictive, sans développer sa portée visant à transformer la gouvernance mondiale à moyen et long terme et, plus important encore, à instaurer la paix et la sécurité internationales.
Si la CME reconnaît et soutient le cadre international des droits de l’homme et le programme de développement durable, elle souligne également que leur mise en œuvre ne peut progresser sans l’éducation et l’apprentissage tout au long de la vie.
La Campagne mondiale pour l’éducation regrette profondément que les États membres de l’ONU aient manqué l’occasion de renforcer les dimensions éducatives des thèmes importants inclus dans le Pacte pour l’avenir et n’aient donc pas fait référence de manière substantielle aux fondements sociétaux essentiels pour garantir la paix, la justice, la démocratie et l’égalité, qui ne peuvent être construits que par l’éducation.
La mise en place des conditions nécessaires au développement durable ne peut être casuistique, mais doit être globale et cohérente. En ignorant la construction de l’apprentissage dans l’agenda proposé par le SOTF, nous avons tous manqué l’ingrédient principal pour mener les changements urgents dont le monde a besoin pour surmonter les crises de notre époque.
En outre, il est également préoccupant que le Pacte pour l’avenir ne décrive pas explicitement les réponses et les actions requises de la part des États et de la communauté internationale pour faire avancer les questions qu’il soulève.
Ces limites font écho aux obstacles rencontrés par les grands groupes et les autres parties prenantes pour participer à l’organisation du sommet, dont les fonctions ont été compromises par les « coalitions d’impact ». Ces coalitions n’ont pas été créées comme des espaces inclusifs et pourraient renforcer l’emprise des entreprises et des anti-droits sur l’ONU.
La Campagne mondiale pour l’éducation appelle les dirigeants mondiaux à prendre en compte les considérations éducatives dans toutes leurs discussions et résolutions sur le développement durable, l’égalité, la paix, la sécurité et la participation des populations à la gouvernance mondiale.
Un avenir sans éducation est un retour au passé.