Déclaration du GCE à l’occasion de la Journée internationale des femmes 2026 : l’éducation transformatrice en matière de genre comme voie vers la justice

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Droits. Justice. Action. Le thème de la Journée internationale des femmes 2026 arrive à un moment critique. Malgré les progrès réalisés dans de nombreux endroits, un rapport récent de l’ONU Femmes avertit que, dans l’ensemble, les systèmes mêmes destinés à protéger les femmes et les filles sont défaillants, laissant des millions de personnes exposées à la discrimination, à la violence et à l’impunité, alors que la réaction contre l’égalité des sexes s’intensifie et que les violations des droits fondamentaux augmentent dans le monde entier.

À l’occasion de cette Journée internationale des femmes (JIF), la Campagne mondiale pour l’éducation (CME) réaffirme que l’éducation est l’un des outils les plus puissants pour parvenir à la justice et à l’égalité entre les sexes. Toutes les filles, adolescentes, femmes et personnes ayant des identités de genre diverses ont le droit d’accéder à l’éducation et d’apprendre dans des environnements sûrs.

Les systèmes éducatifs doivent s’attaquer aux causes profondes des inégalités, au-delà de la simple scolarisation des filles. L’éducation doit préparer à remettre en question la discrimination, à contester les normes néfastes et à construire un monde juste. Cela nécessite une approche globale et systémique qui favorise la justice entre les sexes à tous les stades de l’apprentissage, de la protection et de l’éducation de la petite enfance (PEPE) à l’enseignement supérieur, en passant par l’éducation des jeunes et des adultes. Cela signifie veiller à ce que les programmes scolaires remettent en question les normes de genre néfastes, que les écoles soient des espaces sûrs et inclusifs, et que les enseignants et les travailleurs de l’éducation soient équipés, soutenus et rémunérés équitablement afin de promouvoir des environnements d’apprentissage favorisant la transformation des relations entre les sexes.

Malgré des progrès importants, des millions de filles dans le monde sont encore confrontées à des obstacles à l’éducation en raison de la pauvreté, des conflits, de la discrimination, des mariages précoces, de la violence sexiste et des normes sociales inégales.

Aujourd’hui, plus de 122 millions de filles ne sont toujours pas scolarisées dans le monde, tandis que des millions d’autres fréquentent l’école sans pouvoir apprendre dans des environnements sûrs et inclusifs. Dans les contextes touchés par les conflits et les crises, les filles ont deux fois plus de chances de ne pas être scolarisées, et une fille sur cinq dans le monde est mariée avant l’âge de 18 ans, ce qui limite considérablement ses possibilités d’éducation et ses choix de vie.

Appel à l’action : donner la priorité à l’éducation transformatrice en matière de genre

À l’occasion de la Journée internationale de la femme 2026, le mouvement CME souligne que l’éducation transformatrice en matière de genre (GTE) est un aspect fondamental du droit à l’éducation et une voie vers la justice de genre. Elle s’attaque aux causes profondes de l’inégalité en remettant en question les stéréotypes, les attitudes, les normes et les pratiques néfastes. Elle intègre l’égalité des genres dans les programmes scolaires, renforce la formation des enseignants, encourage la participation des filles dans les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM) et garantit des environnements d’apprentissage sûrs et inclusifs. Il donne à tous les genres les moyens de remettre en question les stéréotypes, de respecter les droits et de devenir des agents du changement dans leurs communautés.

La CME réaffirme son engagement en faveur de l’ETG et appelle les gouvernements, la communauté internationale, les décideurs politiques et les éducateurs à donner la priorité à l’éducation transformatrice en matière de genre en :

  • Finançant l’ETG : investir dans des systèmes d’éducation publique équitables adoptant des politiques transformatrices en matière de genre, en garantissant un financement adéquat de l’éducation et en allouant des ressources aux initiatives en faveur de l’égalité des genres dans l’éducation.
  • Promouvoir des programmes et des pédagogies inclusifs : impliquer les communautés dans la remise en question des stéréotypes, attitudes et normes néfastes. Des programmes inclusifs impliquent également de remettre en question les récits patriarcaux et de reconnaître la participation des femmes à l’histoire, à la science, à la politique et à tous les aspects de notre vie sociale.
  • Intégrer l’égalité des sexes dans les programmes à tous les niveaux d’enseignement, de l’EPPE à l’enseignement supérieur, y compris l’apprentissage et l’éducation des adultes (ALE), en particulier en développant une éducation sexuelle complète adaptée à l’âge.
  • Créer des environnements d’apprentissage sûrs et inclusifs : veiller à ce que les établissements d’enseignement soient exempts de violence et de discrimination fondées sur le genre, et offrir aux élèves des espaces sûrs où ils peuvent exprimer leurs préoccupations.
  • Mettre en œuvre des politiques d’égalité des genres dans les situations de conflit et d’urgence : reconnaître que les femmes et les filles sont particulièrement vulnérables en cas de crise et garantir des mesures éducatives de protection.
  • Soutenir le leadership féminin dans l’éducation : accroître la représentation des filles et des femmes dans les postes décisionnels afin d’élaborer des politiques éducatives inclusives.
  • Investir dans une formation des enseignants transformatrice en matière de genre : doter les éducateurs de pédagogies féministes et anti-oppressives, tout en s’attaquant aux inégalités de genre dans les conditions de travail et les salaires.
  • Renforcer et financer la collecte de données sensibles au genre sur les inégalités et les liens entre le genre et l’environnement, afin d’éclairer l’éducation transformatrice en matière de genre.

La CME invite la société civile, les éducateurs et les jeunes à co-créer des solutions qui donnent la priorité à l’égalité des sexes et, grâce à l’éducation, à amplifier les campagnes de sensibilisation afin de garantir que personne ne soit laissé pour compte dans la quête de justice et d’opportunités.

Lorsque les filles et les femmes apprennent, dirigent et s’épanouissent, les communautés prospèrent et les démocraties se renforcent. En cette Journée internationale des femmes, réaffirmons notre engagement à construire des systèmes éducatifs inclusifs, équitables et véritablement transformateurs pour tous.

Ressources
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